Tout juste adjacent au château de Gruyères se trouve le musée H.R. Giger. Fasciné par la cité médiévale lors d’une exposition en 1990, l’artiste suisse, créateur du monstre d’Alien, achète le château Saint-Germain en 1997 pour y installer son œuvre. Inauguré en juin 1998, ce musée rassemble la plus grande collection permanente de ses créations biomécaniques, sculptures et décors de cinéma, agrémentée en 2003 par l’ouverture de son célèbre bar immersif.

Avec Dalí, Giger est l’un de mes artistes préférés ; c’était donc un passage obligé (même si j’avais oublié qu’il était là à la base, oups !).

Le musée s’étale sur trois étages et offre une dose concentrée de ses œuvres biomécaniques, toutes plus chargées de violence, de sexe et de douleur les unes que les autres.
Sans surprise, ses créations en lien avec les films Alien occupent la majorité de l’espace.


Par un heureux hasard, j’avais commencé à revoir les films de la franchise dans l’avion depuis le Canada, en partant de l’original de 1979. Ohhh que ce film a mal vieilli, haha ! Mais ça reste un classique de la science-fiction.
Il y avait également une section « 18 ans et plus », masquée derrière une tenture de toile, où la pièce était baignée d’une lumière rouge diffuse. À l’intérieur se trouve toute une autre collection d’œuvres sanguinaires surréalistes, où la sodomie avec des objets piquants tient le premier rôle.





Une copie du pied de micro du chanteur de Korn, Jonathan Davis, est également exposée. Le truc a l’air lourd durant les prestations du groupe ; j’aurais aimé pouvoir le tester, mais bon !

Au dernier étage, la table du Baron Harkonnen, conçue en 1975 pour le projet d’adaptation avorté de Dune par Alejandro Jodorowsky, matérialise l’esthétique biomécanique caractéristique de H.R. Giger. L’ensemble fusionne éléments industriels et motifs squelettiques pour traduire visuellement la tyrannie et la cruauté de la dynastie Harkonnen (ceux qui ont vu le film vont comprendre !). En transformant des colonnes vertébrales et des crânes en mobilier fonctionnel, l’artiste dresse un memento mori moderne illustrant la réification de l’humain et sa déshumanisation par la technologie. Bref, c’est du mobilier très intense à regarder.



La visite s’achève avec une petite bière au bar thématique juste à côté. Les voûtes ont la forme de colonnes vertébrales et de massifs bancs pivotants en béton meublent l’endroit. Complètement inconfortables, mais très beaux ! Il faut faire attention en se retournant une fois assis pour ne pas infliger une commotion cérébrale à son voisin avec le coin du dossier.






















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