Escale nocturne à Barcelone

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Avant d’arriver aux paysages féeriques de la Suisse, mon avion doit faire escale à Barcelone. Pas parce que c’est sur le chemin (au contraire), mais parce que ça me coûte moins cher. Plus de la moitié du prix d’un vol direct en échange d’une p’tite sieste sur le plancher froid de BCN. Je voyage en marathonien, ça fait partie du deal.

Juste assez de temps pour aller faire une petite visite express de la ville, en prenant le métro. J’ai vu passer à quelques reprises sur les réseaux sociaux des publications humoristiques qui mentionnaient que si nous sommes capables de nous retrouver dans les systèmes de transport en commun des autres pays, il est possible de faire face à n’importe quel défi dans la vie. Plus j’avance dans mon voyage, plus je me rends compte de cela. Islande, Angleterre, France, Suisse et maintenant Barcelone : autant de systèmes, de langues et de façons de faire différents pour un même objectif. Bref, j’ai acheté deux fois mon billet de métro à Barcelone, leçon apprise. Je suis prêt pour Tokyo (not).

La ligne orange m’amène jusqu’aux Palmeres, pas très loin de là. Je débouche à la surface sur un espace public qui mêle des espaces verts (ok, plutôt bruns avec la sécheresse qui fait des ravages ici aussi), des enfants qui courent partout, des petites tables où les gens discutent devant une bière et plein de petits restaurants. Enfin, un endroit où me poser le cul !

Je ne comprends presque rien aux conversations (450 jours de Duolingo pour être à peine capable de dire « Una cerveza, por favor », je suis bien avancé…), mais ça fait du bien d’être seul, tranquille, et sous une chaleur plus décente avec un petit 27 °C bien confortable.

Il y a toujours un petit frisson à se retrouver dans une ville inconnue, dont on ne parle pas la langue, quand il te reste 3 % de batterie sur ta seule source d’information, de traduction, de GPS, etc. Bref, il est temps de retourner à l’aéroport pour ma chambre cinq étoiles, entre le banc en métal et la bouche de ventilation.

Ça me fait penser à quel point la technologie et Gemini sont bien utiles, mais parfois, ça devient une béquille. Dès que j’ai une question, j’ai la réponse. Besoin d’une direction ? Voici le trajet en temps réel. Tu ne comprends pas un panneau ? Pointe ta caméra et l’image est traduite. À une autre époque, il aurait fallu poser la question à un humain et nouer le contact. C’est difficile de se défaire d’une telle facilité.

L’aéroport la nuit, c’est particulier : si grand, si vide. Quelques âmes égarées comme moi parsèment le terminal. J’en profite pour faire un peu de repérage, histoire de savoir où me rendre lorsque ma porte d’embarquement apparaîtra sur les tableaux d’affichage.

Lors de mon arrêt aux toilettes, je passe devant une cabine à la porte entrouverte avec une canne appuyée contre le cadre. Je n’en fais pas cas et m’installe à mon tour pour une partie de Mahjong sur ma boîte noire. Mon pauvre voisin a entamé tout un combat. D’après moi, le chauffeur de la zamboni à l’extérieur des toilettes a dû entendre ses grognements.

« Uggggggggghhhhhhhhh!!!!! »

J’avais beaucoup d’empathie pour cet inconnu et sa mission corporelle.

Je longe les murs pour finalement trouver ce qui me semble être la seule prise électrique de tout l’aéroport. « Télécharge notre application pour obtenir ta carte d’embarquement », mais rien pour recharger ton téléphone. Va comprendre la logique !

Je me détends un peu en observant un ballon perdu qui danse au plafond. Mon seul ami dans la nuit. Je me croyais dans American Beauty. C’était poétique.

J’essaie de m’installer tant bien que mal pour dormir malgré le sol dur et glacé. Je suis un peu jaloux de ma voisine qui a eu la brillante idée d’utiliser son équipement de camping pour s’offrir un minimum de répit. Ça ou elle est décédée, le mystère plane toujours.

Gros win pour le matelas de sol

Le jour se pointe enfin à l’horizon et j’embarque dans ma voiture volante. C’est bien la première fois que je trouve les sièges d’un avion confortables.

En route vers la Suisse ! (Pour de vrai, cette fois !)

Comments

Une réponse à “Escale nocturne à Barcelone”

  1. Avatar de fireunabashedc731dfcbb7
    fireunabashedc731dfcbb7

    Ye ye j adore tes recits
    Bye-bye

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