Les routes de montagne monténégrines nous amènent jusqu’au pied du mont Lovćen, la montagne sacrée qui a donné son nom au pays (« Montagne Noire »).

Bien que le sommet soit accessible par téléphérique, notre objectif là-bas était de louer des vélos de montagne pour en faire la descente. Du moins, c’est ce qui avait été compris !
Nous débutons l’ascension en voiture d’une série de 26 lacets qui n’en finissent plus. La route est toujours aussi étroite et à double sens. Les locaux impatients te chauffent les fesses en te flashant les lumières pour que tu les laisses passer. Beaucoup d’entre eux roulent aussi les miroirs repliés pour pouvoir se faufiler encore plus facilement. C’était un brin stressant en longeant les bords de falaise !

Il faut dire que la circulation est globalement très subjective depuis le début de notre périple dans les Balkans. Les lignes de la route sont plus ornementales qu’autre chose et tu vas te faire coller régulièrement par une voiture qui roule au milieu pour te dépasser dès qu’une ouverture (légale ou pas) s’offre à elle. Bref, tu fais ton chemin où ça passe et tout le monde y trouve son compte.

Tout juste avant d’atteindre le sommet, nous arrivons à un point de contrôle pour payer notre entrée dans le parc. C’est une tactique assez répandue : les entrées des parcs sont très loin de la route. C’est toujours moins motivant de refuser le coût et de faire demi-tour quand tu viens de faire 45 minutes de petites routes montagneuses. Parfois, c’est aussi la seule route pour traverser une région, donc un peu l’équivalent d’un péage.
Arrivés au sommet, nous poursuivons la dernière section à pied où quelques commerces et petits restaurants se succèdent. Nous apprenons sur place qu’il n’y a aucun accès à de l’eau potable au sommet, mais que nous pouvons acheter une bouteille d’eau de 500 ml pour la modique somme de 3 euros. Leçon apprise : toujours faire des provisions d’eau !


Nous atteignons le kiosque de location de vélos pour le point phare de notre journée. Je vois sur le panneau d’information que le « Downhill Delight » en vélo de montagne est en fait la descente 100 % asphaltée de la route du sommet ; la même que nous avons empruntée pour venir jusqu’ici en voiture. La préposée nous informe toutefois qu’il y a un sentier plus « montagne » pour se promener dans le parc au sommet. Avec la chaleur toujours présente, nous optons donc pour des vélos électriques. Après un petit crash course sur nos montures et le GPS préprogrammé, nous débutons enfin notre randonnée cycliste.



Le circuit fait environ 13 kilomètres et est composé à moitié de routes pavées et à moitié de sentiers pédestres parsemés de gros cailloux ronds qui ont clairement le dessus sur notre suspension d’entrée de gamme. Les bras bien engourdis par toutes ces vibrations, nous arrivons finalement jusqu’au pic Jezerski.





Perché à plus de 1 650 mètres d’altitude, ce site du Lovćen est mondialement connu pour abriter le mausolée de Njegoš, le plus haut au monde. Toutefois, à huit euros par personne pour gravir les 461 marches creusées à même la roche et simplement avoir une vue panoramique de plus, nous avons passé notre tour.



Le sorbet l’emporte sur le mausolée au petit restaurant qui avoisine son entrée. Nous reprenons la route du retour pour devancer l’orage qui semble venir vers nous.

C’était ma première expérience en vélo électrique. J’ai bien aimé l’assistance dans une telle canicule. C’était facile de couvrir autant de kilomètres sans être complètement crevé au retour.









L’expérience vélo terminée, nous reprenons la voiture pour refaire les 25 lacets des 25 kilomètres jusqu’au pied du Lovćen. Nous en profitons toutefois pour faire quelques arrêts à des points d’observation qui nous offrent une vue assez incroyable sur la côte adriatique et la baie de Boka. Les bateaux ont l’air minuscules 1 500 mètres plus bas.





C’est la fin des Balkans pour moi (pour l’instant !), je prends l’avion le lendemain à partir de Podgorica. Cette dernière étape fut vraiment bien, mais je réalise que d’enchaîner deux voyages « touristiques » d’affilée (Islande et Balkans) est non seulement lourd pour le portefeuille, mais également pour l’énergie. Être toujours sur la route et transporter ses bagages d’un hébergement à l’autre ne laisse aucun répit.

C’est également un rappel à la réalité pour moi dans ma planification de voyage. Je ne peux pas trop improviser mes déplacements à la dernière minute. Les coûts de transport sont exponentiels si l’on attend trop près de la date de départ visée. Je n’ai pas le budget pour ça, haha !
Je ressors à la fois stimulé et épuisé de ces premières semaines de voyage. Je débuterai officiellement mon voyage solo pour la suite. Un rythme de voyage plus lent, où j’aimerais me poser deux à trois semaines au même endroit pour mieux apprécier les espaces, la culture et les gens. À voir si la réalité va suivre le plan.
En route pour la Suisse, pays des vaches et du fromage !



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