Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant à Cambridge, mais quelle belle petite ville. Une riche architecture qui borde les rues pleines de vélos et des arbres matures. Des vaches se promènent librement dans les parcs. Des tondeuses efficaces, mais attention où vous marchez…

Notre balade le long de la rivière Cam présente une multitude de clubs école d’aviron, qui est un sport très populaire ici.

La rivière est aussi la résidence permanente de nombreux petits bateaux péniches. L’ensemble est particulièrement hétéroclite avec des bateaux en très bon état garnis de panneaux solaire, de plantes et d’une peinture design, alors que d’autres ressemblent plus à la version maritime d’une tente pour sans abris (lorsqu’ils ne sont pas carrément coulé et sous l’eau).

La proximité avec la nature est forte. Montréal est reconnu pour avoir beaucoup d’arbres, mais cette petite ville n’a rien a lui envié. Tellement qu’ils ont simplement laissé la végétation reprendre le contrôle du cimetière local et les pistes piétonnes et cyclables se sont naturellement tracées là où c’était nécessaire. Le résultat est assez particulier : on zizag dans des corridors denses et parfois étroits de végétation avec des pierres tombales parsemées un peu partout. J’ai toujours trouvé les cimetières un peu absurdes, alors j’adore ce mix éclectique.

Il y a beaucoup de sentiers en nature. Ils sont très populaires pour les petites familles qui pique-niquent ou les attroupements d’adolescents qui se baignent dans l’étroite rivière longeant les champs de vaches. La couleur de l’eau me fait douter de sa teneur en matières fécales, mais la viscosité ne semble pas arrêter personnes. On se rend bien compte de notre chance au Québec d’avoir autant de lacs vastes et propres.
Punting sur la rivière Cam
Une attraction agréable dans la ville : le punting. Une embarcation sans moteur où la propulsion est faite avec une longue perche de métal. Exactement comme le cliché qu’on se fait d’une visite à Venise.
Bien assis confortable en pique-nique sur la rive, je jugeait la technique des touristes sur l’eau… J’ai bien compris pourquoi en devenant moi-même capitaine d’une embarcation par la suite ! J’avais l’air d’un pingouin qui rame avec une main et notre bateau avançait comme un ivrogne sur le canal.

Après quelques minutes j’ai fini par comprendre la logique de propulsion; c’est un peu comme reculer une remorque et il faut inverser les directions. J’ai ainsi pu nous rendre en ligne droite (assez) jusqu’aux écluses pour y prendre une bière tranquille sous l’ombre d’un plantane bien garnis. Au retour la circulation sur la rivière était toujours aussi dense, un vrai Freeway de barques pilotées par employés ou de touristes prétentieux comme moi qui s’improvisent grand navigateur en chef. Une belle symphonie d’autos tamponneuses marines qui n’avait pas l’air de déranger pour le moins du monde les responsables qui font ça à la journée longue. Je leur lève mon chapeau, c’est très technique et physique et ils font ça toute la journée.

King’s College
L’université de Cambridge est divisée en 31 collèges. Chacun possédant son campus, plus ou moins imposant. C’est là où de grands esprits ont étudiés : Turing, Keynes, Darwin, Newton, Hawkins et probablement d’autres. De la découverte de l’ADN à l’élaboration des fondements de la mécanique quantique, en passant par la gravité et la cryptographie, on sent que c’est un endroit fécond d’intellectualisme.

Nous avons profité de notre présence dans la ville pour visiter King’s College et sa chapelle.

Le coût d’entrée pour un visiteur étant de 33$CAD, j’ai mis à profit mon teint bazanné, ma barbe légère et l’alinéation du portier pour utiliser la carte d’accès de notre hôte qui y fait présentement des études post-doctorale.

Je ne trip pas sur les églises en général, ça sent toujours un peu l’encens et l’oppression, mais je me laisse surprendre par la taille de cet édifice et son âge. Plus de 600 ans. La Canada n’avait même pas été « découvert » par les colons encore.
L’université a aussi profité du colonialisme Anglais pour se monter tout un beau jardin. Une vaste gamme de plantes et fleurs exotiques ont été importées de partout sur la planète et plantées dans la portion sud de la cour. Initialement plus un test, elles ont été sélectionnées pour ne pas requérir beaucoup d’eau et laissé un peu à elle même. L’ensemble s’est très bien acclimaté et le résultat est de toute beauté.
On voit également l’inspiration pour l’oeuvre cinématographique d’Harry Potter, même si l’université a initialement refusée son site pour le tournage qui a finalement été à Oxford. Des grandes salles communes avec des fioritures qui ornementent le moindre bout de bois et de pierre. On voit que les lieux et son mobilier ont vu passer plusieurs générations d’étudiants et de professeurs.
En face du campus, une œuvre d’art permanent est affichée sur un coin de rue. Un criquet mécanique avance à l’infini sur une roue dorée, représentant le temps qui s’écoule. L’artiste et l’autiste en moi tripent fort.

Petite ville effervescente
Il y avait des cyclistes à Londres, mais incomparables à Cambridge. Avec l’absence d’hiver et le réseau, pas besoin de voiture. On s’y déplace sans trop de difficulté avec beaucoup de voies réservées.

Chaque pied carrés est utilisé à Cambridge. Un café, un restaurant, une boutique ou une activité vous attendent dans chaque micro ruelle. C’est très dynamique et riche. Cette effervescence est bien évidemment soutenue et possible par le tourisme qui y est très fort, mais d’avoir accès à autant de possibilités en marchant est plutôt agréable.

Ces petites boutiques abondent partout et c’est un souvent un peu le far west à l’intérieur, surtout comparé au marchandisage auquel nous sommes habitués dans les magasins au Québec.
Le meilleur exemple est une boutique d’alcool qui affichait une impressionnante collection de bouteilles de vin et de bières anglaises. Des boîtes et déchets qui jonchent le sol, des bouteilles moins populaires couvertes de poussière, la caisse enregistreuse sous une montagne de carnets, boîtes ou autres objets hétéroclites. Pas du tout le même paradigme d’une SAQ bien clean et aseptisée où une boîte laissée trop longtemps au sol pourrait valoir un grief. Les yeux du commis, bien absorbé dans la lecture d’un papier scientifique qui évalue la notion du travail sur la capacité morale des travailleurs, s’illumines lorsqu’on lui demande des recommandations pour ses bières. Tout crée un contexte authentique avec une âme derrière et moins simplement transactionnel.

Nos quelques jours à Cambridge ont été bien remplies et nous ont permis d’apprécier toute l’histoire de cette vieille ville est de ses habitants chaleureux.














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