Beaucoup kilomètres et de tests
Les kilomètres de route s’additionnent. Je commence à prendre le rythme avec la tente, l’équipement, la route, bref, pour l’ensemble de mon périple à moto.
Je trouve ce contexte intéressant : c’est un peu comme si on allait sur la Lune et qu’il fallait vraiment tout prévoir. C’est certain qu’il y a des épiceries et des magasins pour se dépanner un peu partout, mais on essaie de maximiser la préparation et d’éviter les achats en cours de route. Je réalise certains manques au fur et à mesure et je fais les achats nécessaires, mais ça reste minime. J’ai bien fait mes devoirs dans l’ensemble.
C’est aussi plein d’occasions de tester sa débrouillardise et sa résilience. Comment mieux assembler les bagages, fixer l’équipement sur la moto, monter la tente sans avoir l’air d’un pingouin à chaque fois… La nécessité crée les moyens !
Dans la forêt, si on perd un élastique, il faut trouver une nouvelle façon d’attacher les choses. Si on achète un nouvel objet, il faut lui trouver une place, et ainsi de suite. C’est un puzzle continu que mon côté TSA aime quand même pas mal !
Premier reality check de voyage
Après avoir roulé près de 1 000 km en beaucoup trop peu de temps, je ressens déjà la fatigue de la route. Il faut dire aussi que les routes de France jusque-là sont très plates et droites. Trèèèèès endormant en moto, même sur les autoroutes dont la limite est de 130 km/h !
Je me projette un peu pour la suite et je vois les 3 000 km qui m’attendent pour réaliser l’étape du Portugal et de l’Espagne avant de remonter vers le nord. Ce n’est tout simplement pas réaliste. Je vais être soit sur la route, soit dans ma tente en train de dormir. Pas vraiment une façon de visiter…
Je suis fatigué et j’ai les idées embrouillées, mais je comprends qu’il me faut changer mon plan. Je prends donc deux jours d’hébergement au bord de la mer. Quoi de mieux qu’une plage et l’océan pour avoir ce genre de réflexion ?
Arrêt à Hendaye
En arrivant à mon « auberge de jeunesse », je me retrouve dans un immense camping de vacanciers style « Camping Ste-Germaine ». Ouf, pas certain de mon choix… Mais l’emplacement se trouve assez reculé et isolé des roulottes. Il y a des tipis individuels pour 2 à 4 personnes et des dortoirs communs sous des tentes géantes. Il y a également un espace lounge très confortable avec plein de divans et de lampes dépareillées où on peut relaxer.



J’y fais la rencontre de deux vacancières, Amandine et Emma, Belge et une Normande, qui ont réservé le mauvais camping pour deux jours (il y a quatre campings Aparra Surf Camp sur la côte, oups !) avant d’aller rejoindre leur groupe d’amis. Nous faisons quelques parties de 10 000 aux dés le soir et préparons des plans pour la plage le lendemain afin d’aller y prendre un cours de surf.
J’en profite pour simplement me louer une planche et faire mon autodidacte sur les vagues. La dernière fois, c’était il y a plus de 10 ans à Cape Hatteras, en Caroline du Nord. Je m’en sors plutôt bien et je me lève sur ma planche à presque chaque vague. Il faut dire que le surf y est très accessible : les vagues sont petites, offrant quelques secondes seulement de glisse où on zigzague entre les enfants qui n’arrivent pas à se lever sur leur planche.






C’est au final une très belle journée à me faire dorer les tatouages au soleil et à me remettre les idées en place. Je fais face à la réalité : mon plan du Portugal doit sauter. Je ne vais faire que de la route et encore de la route avec pour seul objectif d’arriver, sans profiter. C’est tout l’inverse de ce que je recherche.
Nouveau plan : fuck le Portugal ! Je vais aller jusqu’à Bilbao pour voir le musée Guggenheim, faire du camping sauvage, puis revenir par le sud-est à travers les montagnes d’Andorre, avant de remonter vers la région de Toulouse où l’ami d’une amie m’offre le gîte. Je redéfinirai les prochains arrêts une fois rendu là-bas.
C’est aussi le constat que je ne peux pas faire uniquement du camping. C’est un peu trop exigeant en énergie et en manque de commodités. Surtout que les coins avec de l’eau (et gratuits) sont très rares, voire inexistants. Les auberges de jeunesse sont un bon endroit pour se recharger et rencontrer du monde. Je vais alterner davantage entre les deux.
Ce petit séjour à Hendaye aura été des plus agréables et m’aura permis de monter un nouveau plan — ce qui risque d’arriver souvent dans les prochains jours, j’ai l’impression !


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