Islande

Written by

in

Déjà l’arrivée en avion nous donne un avant-goût de l’Islande : brute, sauvage et grandiose. La suite s’annonce épique !

Petite mention avant d’aller plus loin. Mon texte va probablement avoir des aires d’étude anthropologique. Le pays affiche pleins de différences géographiques, animal, culturels et autres et dont les particularités m’accrochent particulièrement.

Mais avant de voir tout ces belles choses, l’arrivée à l’aéroport de Keflavik et le passage des douanes est particulièrement long. Malgré les 40 machines automatisées dernier cri (qui sont inactives), les arrivants s’entassent dans une longue file indienne pour obtenir la bénédiction d’un agent avant d’entrer dans le pays. Curieux.

Un autobus nous amène directement jusqu’à Reykjavik en traversant de vaste plaines de… garnottes. Le pays est un immense réservoir de pierres concassées, littéralement. Ce paysage rugueux et plats, s’étend jusqu’aux montagnes qui font la renommée de ce pays.

Un truc banal qui me frappe en faisant le trajet est le nombre de trottinettes abandonnées partout. Sur une piste cyclable, dans un champ, en pleine ville, dans les fossés… L’Islande est l’endroit où il y a le plus de trottinettes par habitant au monde. La startup Hopp, principal fournisseur, a comblé un gros besoin avec l’offre pauvre en transport en commun de la ville. Même si la zone géographique d’activité est quand même grande, il n’est pas rare que les engins manquent de batteries ou bloquent carrément en sortant de celle-ci. En ajoutant à ça les vents catabatiques et l’effet Venturi, elles se tombent souvent sur le côté et ça donne cet effet chaotique.

Se déplacer en Islande

Avec l’explosion du tourisme depuis 2010 et le caractère plutôt linéaire du « Ring Road » pour faire le tour de l’île, on a souvent l’impression qu’il y a plus de véhicules de location que de résidants. Il y a notamment beaucoup de campervans. C’est vraiment une solution idéale pour voyager sans soucis avec un minimum de confort sans exploser le budget. Toutefois, depuis les abus durant la pandémie, les autorités ont beaucoup réglementé et se stationner n’importe où pour dormir peut vous valoir de grosses amendes. Et avec la géographie de plaines désertiques et l’absence d’arbre, difficile de rester discret avec un véhicule blanc… Néanmoins il y a plein de camping le long de la route et nous n’avons jamais eu besoin de réserver nos places à l’avance. Certains ont des systèmes automatisés de réservation, alors que le plus part sont simplement basé sur la bonne foi : on arrive tard le soir et le lendemain matin on paie le responsable durant sa tournée. C’était d’autant plus pratique, car avec l’absence de nuit, on se retrouvais souvent à se stationner vers 23h sans trop y penser.

Notre véhicule était plutôt… minimaliste !

En prenant possession du véhicule, on prend bien soins de nous mettre en garde de retenir les portières à cause des vents. Les bourrasques peuvent atteindre jusqu’à 225 km/h avec un record enregistré de 267km/h ; ça te plis une portière comme mon oncle plis ses bouchons de bière à l’envers.
Notre véhicule est une petite [marque du véhicule] Dacian avec tout juste l’espace pour un matelas à l’arrière. J’ai l’impression de conduire ma première Tercel; le volant tire fortement à droite, les joints t’étanchéité laisse entrer l’air en roulant, la ventilation menace de s’auto-détruire si on la mets trop forte et l’accélérateur colle au plancher à l’occasion. La conduite s’annonce divertissante !
Ça ne nous empêche tout de même pas de profiter du voyage et ça reste une alternative beaucoup plus économique pour voyager.

Le coût de la vie! (Et d’être un touriste)

Ce qui nous amène au budget. Une île, dans le nord, avec un taux de change défavorable… ouch. Nos billets CAD ne faisaient pas le poids contre les prix en ISK. Un simple café avec une pâtisserie pour deux personnes le matin : 40 à 50$. Heureusement que les nouilles ramens sont universellement bon marché. On s’y attendait quand même un peu, mais ça surprend toujours, surtout que je dois vivre sur un budget de plusieurs mois après.
À haut niveau, voici la ventilation des coûts pour deux personnes :

  • Épicerie : 377 $
  • Location du campervan : 1 785 $ (10 jours)
  • Essence : 471 $
  • Hébergement, stationnement et camping : 1175 $
  • Activités et attractions : 481 $
  • Restaurant : 902 $
  • Souvenirs et autres : 225 $
  • TOTAL : 5 416 $ (excluant billets d’avions, environ 1000 $ pour un aller-retour)

(à noter que le classement n’est pas 100 % exact; pas évident de retracer ses dépenses de carte de crédit avec que des termes islandais comme indice…)

C’est vraiment le paradis du campervan. Le tourisme compose près de 10% du PIB de l’Islande et la concentration des principales attractions sur la route 1 rend celles-ci très accessibles pour les visiteurs mobiles. Le résultat est là multiplication des entreprises de location de véhicules récréatifs. J’ai compté une vingtaine d’entreprises différentes durant notre périple de 10 jours. Go Camper, notre location, compte à elle seule une flotte de 1500 véhicules !

Site de Go Camper

La faune

Globalement, l’Islande a une faune terrestre relativement pauvre, mais une très grande variété d’oiseaux (au grand enrichissement du pokedextre de Stéphanie) et d’espèces marines. La terre est brute et rocailleuse, sauf pour les espaces réservés aux pâtures de moutons qui sont bien verdoyantes et souvent aux pieds des montagnes.

Sur la terre, les moutons sont rois et en liberté. Attention dans le brouillard ! Bien heureux les herbivores, ils prolifèrent sans prédateurs sur l’île. Ils sont presque toujours en trio avec la brebis et ses deux agneaux d’à peine quelques mois. Le niveau d’entretien est pratiquement inexistant : les moutons sont lâchés dans la nature dans des espaces verts quasi infinis si ce n’est que la vague délimitation des montagnes et ils y passent toute la saison à brouter et s’abreuver dans les nombreuses rivières.

Le moment venu ils sont rapatriés pour la tonte et le cycle recommence ensuite. Je serais curieux de savoir combien ne sont pas retrouvés dans l’exercice.

Quelques chevaux les seconde en population et sont utilisés pour rapatrier les moutons le temps venu. Il paraît que leur relâchement en nature se fait plus tardivement lorsque les premières herbes fraîches apparaissent, car sinon ils mangent le vieux gazon fermeté de l’année précédente et ils s’en rendent ivre.

Fait intéressant, il est interdit depuis l’an 982 d’importer des moutons et des chevaux en Islande. Si un individu quitte l’île pour une quelconque raison, il n’est plus possible de le rapatrier. Ayant été en isolement depuis un millénaire, les créateurs n’ont pas les anticorps pour combattre les maladies du continent.

Finalement, quelques vaches seulement peuple le décor et les rênes ont été introduits en 1771 de Norvège. Ils sont plutôt rares, mais présents dans les très grands espaces.

La topographie

l’Islande, c’est plein de montagnes. Surprenant hein ? Mais sans blague, c’est aussi d’énormes plaines alternant entre sol rocailleux et pâturages verdoyants. Les étendues sont tellement vastes qu’ils ont un double système pour grader les zones de dépassement. Longues lignes pointillées pour les sections « faciles » et courtes pointillées pour les plus risquées. C’est parfois contre-intuitif de dépasser dans une pente descendante qui tourne à droite, mais on s’y fait. De toute façon la haute vitesse semble assez rare avec la loterie de moutons partout.

Les routes de l’infini

La quantité de chutes d’eau est impressionnante. Elles se jettent dans des bassins qui en font une eau turquoise glacée à cause des rayons de soleil qui se reflètent sur les fines particules de basalte en suspens amenées par le broiement des glaciers.

Les eaux turquoises et glacées à cause des rayons de soleil qui se reflétent sur les fines particules de basalte en suspens. Amené par le broiement des glaciers.

Volcan : pas de chance… La dernière éruption date de 2025 avec le volcan Sundhnukur à Grindavik. Depuis c’est plutôt calme, mais les sismologues enregistrent des gonflements du sol qui laissent planer de l’action très prochainement. Idéalement pas aussi intense que l’Eyjafjöll en 2010 qui a paralysé plus de 6000 vols à cause des cendres émises. On va manquer ça, faudra que j’aille voir ailleurs dans le monde :).

Plage de sable noire immense de Stokksnes

Parfois le paysage verdoyant se brise pour laisser place à d’immenses champs de lave. Avec le temps, ils se recouvrent de touffes de gazon, créant un décor assez singulier. Cela contraste beaucoup avec les champs plus récent, comme celui de 2025 qui a faillit emporté une station géothermale et le fameux Blue Lagoon. Une fraîche couverture de roche noire a coupée la route en deux et oblige à faire un détour à Grindavik pour accéder à l’aéroport.

Mais un des attraits incroyable reste les bains thermaux. L’Islande en compte plus de 250. C’est tellement courant, que les piscines publiques sont construites près des sources pour chauffer leurs bassins. Les gens s’y rencontrent après le travail pour discuter comme les anglais se rencontrent dans un pub devant une bière chaude. C’est quand même assez magique après une randonnée de se baigner au milieu de nul part dans une rivière où l’eau est presqu’aussi chaude que la douche à Stéph.

Les infrastructures

L’Islande est un des seuls pays au monde qui fonctionne à presque 100% sur les énergies renouvelables. L’hydroélectricité et la géothermie assurent pratiquement tous les besoins en alimentation et en chauffage. Le réseau électrique doit toutefois composer avec d’immenses distances entre les différentes habitations. Mais grâce aux nombreuses chutes d’eau provenant des montagnes, elles ont très souvent leur propre mini centrale hydroélectrique pour s’alimenter. J’ai été bien surpris de faire une heure de petite route en montagne pour me retrouver au milieu de nul part dans un camping avec toutes les commodités électriques.

Sinon, une bonne portion du réseau électrique est enfouie dans le sol ou bien composé de lignes électriques qui font leur propre chemin dans les plaines. Pas du tout la réalité du Québec où il y a très peu d’enfouissement et où les lignes suivent les bordures de la route. En même temps, ce n’est pas comme s’il y avait beaucoup d’émondage à faire…

La couverture réseau cellulaire est vraiment excellente, merci aux immenses plaines.

Les routes populaires sont étroites, mais impeccables. Le pays, avec son approvisionnement infini de pierres concassées et un relief généralement plats, peut facilement construire des routes résistantes aux intempéries. Le long de la route des monticules de pierres, nommé vörður et parfois vieux de 1000 ans, ont été érigés pour montrer le chemin à une époque sans route et technologie.

Un Vörður

Pour s’aventurer dans le « no man’s land » plus au centre de l’île, il faut emprunter les F-Roads (Fjallvegur qui veut dire « route de montagne »). Ces chemins sont plutôt précaires et passent dans les reliefs accidentés et même les rivières. Il est donc interdit de s’y aventurer sans véhicule 4×4 prévu à cette fin, sous peine d’une amende salée. Et je dis 4×4, je parle de vrai 4×4. Des espèces de monstres surdimensionnés qui pourraient probablement faire la guerre ou le Monster Spectacular au Stade Olympique.

La vie islandaise

Les islandais sont de grands blonds aux yeux bleus. La taille moyenne des hommes est de 5 pieds 11 pouces (182 cm) et les femmes 5 pieds 6 pouces (168 cm). Une génétique soutenue par plus de mille ans d’une alimentation riche en poissons. Parfois d’une très grande beauté, les islandais.es semblent toutefois assez froid d’approche.

Today the language of mythology lives with us: our mood is jovial our countenance is saturnine, we are narcissistic and our modern life is hermetically sealed from others. The nuances of myths and legends form part of our daily routines and help us navigate the world around us, with its half truths and biased reported facts.

Cet extrait illustre bien le stoïcisme des habitants.

Avec en moyenne 1 touriste pour 6.5 habitants, cette distance perçue est comprenable selon moi; ça serait lourd d’initier une relation plus profonde aussi souvent avec autant de personnes dans une vie. La majorité des interactions demeurent donc courtoises, mais transactionnelles.

Reykjavik est une ville très vivante, beau temps mauvais temps. Une balade le long du port nous a menée à une espèce de foire agricole/marché aux puces/bar/restaurant avec pleins de trucs hétéroclites à voir et acheter. L’ambiance était très animée et les résidents semblaient profiter du moment pour discuter autour d’une bière.

Constats

Cela faisait 20 ans que je voulais voir l’Islande et je n’ai pas été déçu !
Si c’était à refaire, je reprendrais un 10 jours en campervan. C’est amplement suffisant pour faire une visite complète sans trop se presser. J’opterais toutefois pour un campervan suffisamment grand pour pouvoir cuisiner à l’intérieur ou du moins avoir un mini espace de vie, car en cas de pluie (ce qui arrive régulièrement !) on se retrouve vite coincé et il y peu de place pour entreposer ses vêtements mouillés.

Je considérerais aussi sérieusement d’investir pour un véhicule autorisé sur les f-roads, car beaucoup de trucs intéressants et moins touristiques ne sont accessibles que par celles-ci.
Dans un parcours plus classique comme le Ring Road ou le Golden Circle, ne pas s’encombrer d’une table et chaises pliantes en option. Considérant que les campings sont tout équipés, ces accessoires sont superflus et nous ne les avons jamais utilisés. Le peu de collation sur la route ont été prise dans la cabine à cause du froid, du vent et de la pluie.

Comments

4 réponses à “Islande”

  1. Avatar de
    Anonyme

    Intéressant j’ai hate de voir la ou les suites. Bye!

  2. Avatar de Celeste
    Celeste

    Très intéressant et drôle en plus, hâte de lire la suite

  3. Avatar de
    Anonyme

    Très intéressant de vous lire 🤓

  4. Avatar de
    Anonyme

    Je viens de lire le premier blog pis c’est comme Noël. Merci de me faire vivre cette aventure avec toi❤️

Laissez un commentaire