Vers la glace du Durmitor

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Nous quittons la fraîcheur de la rivière Tara pour prendre les petites routes sinueuses indiquées par Sherpa. On s’enfonce dans le Monténégro sous une canicule qui écrase l’Europe depuis un bon moment déjà. Nous constatons vite un enjeu avec l’itinéraire : 80 km de distance à faire et 80 km d’autonomie en carburant. Nous aurions dû mettre de l’essence avant de quitter le Kamp Encijan…

Après une longue consultation pilote-copilote-Google Maps, le chemin est décidé et nous débutons l’ascension des chaînes de montagnes en croisant les doigts de ne pas devoir chevaucher une vache vers la plus « proche » station-service. Les routes sont principalement une série de lacets qui serpentent de la base jusqu’au sommet. Les voies sont étroites et longent des précipices de plusieurs centaines de mètres. 53 minutes pour parcourir 23 km ; on change de conducteur régulièrement pour alterner entre vertige et mal de cœur à zigzaguer en hauteur comme ça.

Entre deux jeux de courbes, nous faisons une pause pour admirer la vue incroyable du canyon Nedajno-Susica et les performances du zoom de l’iPhone pour zieuter le village de l’autre côté. Ça donne un bon avant-goût de la suite.

Un ostifi de zoom ça

Après quelques faux virages dans un chemin de cimenterie visiblement abandonné (un raccourci de Google Maps qui a bien failli percer le bloc moteur), nous rejoignons l’hôte de notre prochain hébergement à Žabljak. Une femme vêtue d’une longue robe rouge sang qui contraste sans gêne avec le pâturage environnant. Nous prenons place dans une petite maison de style chalet en « A » très confortable avec une vue sur les montagnes et les poulets.

C’est pas mal comme fond d’écran pour traiter quelques courriels de job.

Un homme, qui devait bien approcher 90 ans, venait à l’occasion entretenir son jardin en bas de notre terrasse. Il avançait d’un pas lent, mais solide, qui témoignait de la quantité de saisons à faire pousser ses patates.

Le réveil sonne tôt le lendemain pour attaquer les 2 393 mètres du Prutaš dans le parc national de Durmitor.

Prêt pour le Prutaš

Au fur et à mesure de l’ascension, les sentiers rocailleux font place à des panoramas toujours plus hauts et vastes. Les pentes escarpées sont parsemées de fleurs bleues et jaunes qui témoignent de la transition plus tardive du printemps dans ces hautes altitudes.

3 h 30 plus tard, nous atteignons enfin le sommet.

Il fait frais. C’est peut-être à cause de la grosse patch de neige qui refuse de fondre à côté. Après une bataille de balles de neige un peu sales, nous prenons l’apéro des sportifs avant d’entamer notre descente.

La descente est souvent physiquement pire que la montée, mais la vue…

Les jambes bien engourdies, nous reprenons la route montagneuse et ses lacets sous la canicule qui n’en démord pas. L’épicerie est significativement moins chère que sur la côte croate et nous en profitons pour faire le plein de mayonnaise en tube de dentifrice. Une rivière est visible de la route et nous tentons notre chance pour y trouver un coin à l’ombre pour le dîner. L’eau qui provient des montagnes est tout aussi fraîche et translucide que la Tara. La baignade tombe vraiment à point avec le soleil qui brille sur nos cocos. En route pour le Lovćen !

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