Départ d’Hendaye
En quittant Hendaye ce matin, j’étais tout fier de mon nouvel itinéraire de voyage. Un bon trois heures de planification la veille avait été nécessaire pour complètement chambouler mon trajet et retirer le Portugal comme première destination. C’était un peu irréaliste de faire le grand tour jusqu’au détroit de Gibraltar, considérant le temps que j’avais avant de remonter vers l’est en direction de la Pologne.

J’ai donc quitté mon camping de tipis le mardi matin sous une météo déjà caniculaire (pour faire changement). Direction l’Espagne jusqu’à Bilbao pour aller voir les murs de titane du Guggenheim !
Tout juste à la sortie de la ville, je m’arrête dans une station-service pour faire le plein, lorsqu’un homme à moto s’approche de moi. Cédric, avec sa petite Suzuki de 1997, avait quitté sa ville le long de la côte ce matin-là et se dirigeait vers la Méditerranée.
Le plan du plan
Son itinéraire était imprimé style « MapQuest » et fixé sur le guidon. Un trajet qui me semblait bien intéressant, alors j’ai décidé de me joindre à lui. Je surfe sur cette nouvelle vague et change à nouveau le plan !

Je reviens donc sur mes pas et je retraverse en France pour aller plutôt vers l’est et atteindre le début des Pyrénées. Les routes y sont ultra-sinueuses, souvent très étroites, et nous enchaînons les virages en lacet vers les cols de montagne. Je me souviens bien des Balkans où je m’imaginais sur ce genre de route en moto, et maintenant j’y suis !






Rouler en zigzag sur ces routes me fait penser à la descente de poudreuse fraîche en planche à neige l’hiver. C’est doux, fluide et on a l’impression de flotter. Le tout est agrémenté de paysages à couper le souffle à plus de 2 000 mètres, souvent en montagne, au bord des falaises. Les animaux dorment parfois littéralement au milieu de la route ou à l’intérieur des tunnels pour s’abriter du soleil : il faut être vigilant.
Un coup de cœur particulier : le col d’Iraty. On se croyait sur une piste de VTT asphaltée au milieu de la montagne ! Il fallait zigzaguer entre la poussière, les crevasses et les bouses de vache. C’était une bonne école pour m’habituer aux plus de 330 kg que je fais sur la route avec la moto.
Nous avons fait seulement 250 bornes (comme les Français disent) en quatre ou cinq heures tellement les routes sont tortueuses, mais c’étaient définitivement les plus beaux kilomètres que j’ai faits depuis mon départ de Normandie. Je me rends compte à quel point les routes en France sont plates et droites : plutôt endormantes sur de longues distances…
Une autre belle escale : le col du Tourmalet. C’est un endroit assez emblématique, notamment pour son intégration au Tour de France. Nous faisons l’ascension à flanc de montagne et y croisons encore des centaines de cyclistes. Il faut être endurant pas possible pour enchaîner autant de dénivelé à vélo, je leur lève mon chapeau !
La route est assez large pour dépasser facilement voitures et vélos sans trop risquer de s’écraser dans le ravin. La culture de l’inter-files en Europe rend la circulation à moto tellement plus facile et rapide, ça manque cruellement au Québec !



Le trajet avec Cédric me fait réaliser que mon projet de moto-camping sauvage à 100 % tient plus ou moins la route. À rouler toute la journée à 30 °C dans mon épais manteau de cuir, disons que j’ai le goût assez intense d’une douche en fin de journée !
L’option de s’arrêter pour la nuit dans un espace tente officiel en camping avec une douche n’est pas gratuite, mais disons que considérant les circonstances, c’est un must !




Fun fact : La majorité des campings ici n’ont pas de papier toilette, ni de savon à mains, ni de sèche-mains, rien. Rares sont ceux qui offrent même une cuisine rudimentaire. Ça nous fait apprécier les campings « tout inclus » au Québec.
Bye Bye Cédric
Après deux jours à voyager ensemble, nous séparons nos routes, car Cédric doit être à destination, en bord de mer, d’ici deux jours et je n’ai pas envie de me taper autant de kilomètres en si peu de temps. Je prends toutefois soin de lui voler le reste de son itinéraire, qui ne m’a pas déçu jusqu’à maintenant !
Le parcours des Pyrénées fait son chemin dans les montagnes et alterne continuellement entre la France et l’Espagne. J’ai dû traverser la frontière des dizaines de fois sans m’en rendre compte. J’en profite pour faire un arrêt à Sort, en Espagne, pour pratiquer mon espagnol avec la gentille dame du bureau de poste où je veux acheter des timbres. Je commence à prendre mes aises avec la culture européenne du « j’ai une moto, je me stationne où je veux » et me parque simplement en face du commerce sur le trottoir. Il semblerait que les policiers n’aiment pas mon choix de stationnement, mais la commis prend ma défense en rétorquant aux agents que j’en ai pour deux minutes seulement. Elle semble découragée de leur attitude et ça me rassure de ne pas passer la nuit en prison !




En route vers Andorre !


Laissez un commentaire